Bienvenue sur le site des missions d'Akash Neem!

Akash Neem est une association créée en 2008 par Virginia SOUKUP, Shelley BOYD, Olivia LALONDE et Emmanuel WALLISER.



Pour plus d'informations sur notre association, nous vous invitons à vous rendre sur le site web institutionnel en cliquant sur le lien suivant:



http://www.akashneemparis.wordpress.com/



En créant ce blog, les membres d'Akash Neem souhaitent :



1-vous tenir informés des missions mises en oeuvre par l'association.



2- vous montrer en quoi les actions de notre associations sont à replacer dans un contexte global de travail des organisations internationales et des organisations non gouvernementales visant à améliorer la condition des femmes dans le monde en participant, notamment, à leur émancipation économique.



3- mettre en avant le rôle des acteurs, membres et non membres de l'association, de ce travail





mardi 9 mars 2010

Jeudi 4 mars 2010, 3ème jour de clinique mobile: le village d'Indore

Cette fois, la clinique mobile s'est tenue dans la belle école du village d'Indore, village d'environ 2500 habitants composé à 80 % de Gujjars (clan ou tribu dont les membres se situent assez bas dans le système de castes. Ils peuvent être hindous ou musulmans) et à 20% de musulmans. Ce village 5 kilomètres au sud de Gandwa, dans la province d'Alwar (RAJASTHAN).

C'est dans un cadre constitué d'une carte de l'Inde, d'un alphabet indhi, des hommes qui ont fait l'Inde et, plus particulièrement, du Mahatma Gandhi, que la dernière clinique de notre mission s'est tenue.








Nous avons planté notre décor...



et la clinique a pu commencer...
Comme chaque fois, le succès était au rendez vous et les patientes, accompagnées de leurs (nombreux) enfants, se sont succédées.



Les villageois étaient nettement plus propres que ceux de Gandwa mais leurs dents suffisaient à montrer leur grand besoin de consultations chez un dentiste...Dans le cadre de notre volonté d'éducation à l'hygiène, nous avons distribué des brosses à dents. Les enfants se sont bousculés pour en avoir...


Les patients se sont succédés


Cette petite fille, atteinte d'une pelade,

Ce papa avec sa fille gravement brûlé dont nous avons refait le pansement.

Cette jeune fille de 12 ans, qui nous a amenés tous ses frères et soeurs.



Ces filles, bientôt mariées...


Cette maman et son fils

Les petits garçons nous ont parus souvent bien plus joufflus que leurs soeurs...Ils ressemblent davantage aux bébés occidentaux grassouillets, semblent mieux nourris. Comme ce petit bébé cadum adorable:


Les femmes sont carencées à un tel point qu'elles paraissent souvent beaucoup plus âgées que leur âge réel. Ainsi, ces femmes de 27/28 ans!


Les enfants se sont parfois présentés seuls à la clinique mobile...



De gauche à droite: Pawad, tailleur, qui vit à la ferme et a largement contribué à l'organisation des cliniques mobiles. Shokat, l'instituteur de Gandwa a assuré l'organisation a priori des 3 cliniques mobiles et le contact avec les chefs de villages, et le chef du village d'Indor qui a coopéré avec un grand enthousiasme à l'organisation de la clinique mobile au sein de son village.


Une dernière photo du chef du village, qui nous a réellement beaucoup aidées.


L'équipe médicale au grand complet: les membres d'Akash Neem et les fonctionnaires médicaux indiens. Au fil des jours, une relation de confiance s'est instaurée entre eux et a permis l'existence, notamment le dernier jour, d'un réel dialogue entre les soignants.

Mercredi 3 mars 2010, 2ème clinique mobile, village de Gandwa



La deuxième clinique mobile organisée en partenariat entre le Satya Jyoti Trust et l'association française AKASH NEEM s'est tenue à Gandwa, village situé dans le district d'Alwar, Etat du Rajasthan. C'est le village le plus proche de la ferme de SATYA JYOTI. 

Il est composé d'environ 1000 habitants dont 80% sont musulmans et 20% sont des intouchables ou des hors castes. Gandhi les a renommés les "Harijans", "fils de Dieu" en Hindi afin de les reconsidérer et ils ont abandonné cette dénomination paternaliste pour se renommer les "Dalits" ou "les opprimés". http://fr.wikipedia.org/wiki/Dalit

Même plantage de décor, Olivia LALONDE et le Dr Gilberte LATIFY sont prêtes à recevoir les patients...


La pharmacie composée des médicaments donnés par Monsieur DANAN est suffisamment fournie pour faire face à une seconde journée de clinique mobile même si nous manquons réellement de médicaments adaptés aux enfants et aux bébés. Nous comptions sur les médecins du gouvernement pour en apporter mais ils n'ont que quelques antibiotiques!

Cette fois notre table d'examen est adoucie par une petite couverture! c'est quand même plus agréable pour les patients.
Même succès! Le ministre de la santé du Rajasthan n'était pas là, mais celà n'a pas empêché les villageois de Gandwa de venir en masse à la clinique mobile.



Dans ce village, les constats les plus importants ont été:
- la saleté des patients. Enfants et mères sont venus la plupart couverts de crasse et nous avons pris l'initiative de laver certains bébés avec l'aide de leurs mères pour leur faire prendre conscience de la nécessité de l'hygiène pour assurer la bonne santé de leurs enfants. Nous en sommes revenues à la même conclusion de la veille: l'éducation sanitaire et nutritionnelle doit intervenir en amont, comme prévention des problèmes médicaux affectant la population. la stratégie permettant la mise en place de cette éducation préventive (nécessité de se laver régulièrement et de se nourrir de façon équilibrée et en assurant des apports minimums en fer, calcium et vitamine B) doit faire l'objet d'une réflexion poussée, au niveau de SATYA JYOTI, mais aussi au niveau du gouvernement.

Roselyne a ainsi incité un jeune garçon à se laver les mains avant la consultation:



et Françoise LEPETIT et moi avons lavé les bébés qui étaient trop sales avec l'aide de leurs mamans.

Nous leur avons ensuite donné les quelques vêtements que nous avions pu emporter et avons vraisemblablement fait des heureux!




- les femmes sont particulièrement touchées par la maigreur et l'anémie. Elles ne se nourissent que peu. Elles boivent beaucoup de tchaï et semblent manger uniquement des galettes de pain que l'on appelle les chapatis. Il faut leur apprendre à se nourrir de manière plus équilibrée, et notamment les inciter à cultiver les légumineuses qui leur permettront de parer à leurs carences (lentilles).



Mardi 2 mars 2010 Première clinique mobile Village de CHUHARPUR

En fait, ce que font JYOTI et KAKOLI dans les environs de la ferme, c’est compenser l’absence du gouvernement indien auprès des villageois qui nous ont effectivement semblé abandonnés hors du temps et de la civilisation lors de notre première sortie au village de GANDWA.





Tous les villageois dégagent une dignité et une beauté qui nous ont laissées admiratives.





Mais, tout de même, les enfants sont sales, morveux. Les mouches collées aux yeux et au nez, voire, pire, aux plaies qu’ils ont sur le visage, sur la tête, sur les jambes. Personne ici n’a le réflexe de chasser les mouches !

Quand nous laissons les petits se balader en leur mettant au minimum une culotte, ils sont ici quasi-systématiquement vêtus d’un tee-shirt…mais fesses et jambes nues ! Ils font donc leurs besoins sur eux et il n’est pas rare de voir des traces d’urine sillonnant la crasse qui recouvre leurs jambes.

Les médecins, payés par le gouvernement ne s’intéressent pas à ces villages.

Aussi, lorsque nous avons appris, en même temps que KAKOLI que, pour notre premier jour de clinique mobile, le ministre de la santé du RAJASTHAN, que JYOTI et KAKOLI connaissent, se déplacerait, nous sommes restées interdites.

Le ministre est donc venu, drainant avec lui toute une équipe de médecins, fonctionnaires du gouvernement.



Le gouvernement ne pouvait laisser venir un médecin étranger et subir ainsi l’affront que cela représentait pour eux, le voile levé sur leur absence. Leur carence même.

Nous avons installé notre 1ère clinique mobile à Chuharpur, village d'environ 2000 habitants. La population de ce village est composée de 80% de musulmans et de 20% d'hindous. Ce village est situé à environ 7 kilomètres au nord de Gandwa, dans la province d'Alwar, Etat du Rajasthan.

Nous avions une importante pharmacie grâce aux médicaments fournis grâcieusement par Monsieur Serge DANAN, propriétaire de la pharmacie DANAN située dans le 15ème arrondissement de PARIS.



Une table d'examen



Un bureau...

Et le tour est joué. la salle du village est transformée en cabinet médical et les consultations peuvent commencer. La première patiente arrive, timidement.


Puis, très vite, les patientes et leurs enfants se succèdent et emplissent le cabinet médical improvisé.

Parfois, des bébés rachitiques arrivent...





L'équipe fonctionne à merveille!

et il y a aussi, fort heureusement, des bébés en très bonne santé!

D'autres souffrent de difficultés respiratoires,

ou de blessures qui, par manque d'hygiène, s'infectent très vite...



Un réel contact s'instaure avec les villageois qui nous laissent toucher leurs enfants et même les prendre dans nos bras ou sur nos genoux:


Puisque l'équipe d'AKASH NEEM (Docteur Gilberte LATIFY, infirmières Françoise LEPETIT et Roselyne VESQUE, traductrice Olivia LALONDE) officiait à leurs côtés, nous avons pu observer les médecins du gouvernement travailler. Ou plutôt, les observer ne pas travailler. Généraliste ou gynécologue, ils sont restés derrière la petite table qui leur avait été installée et ont reçus les patients qui se présentaient, tels quels. Sans les examiner. Jamais. La gynécologue qui a vu une trentaine de femmes enceintes n’en a examiné qu’une. Et encore, ce fut un examen très sommaire.

Les médecins du gouvernement se sont présentés à la clinique mobile avec des ordonnances pour seul bagage. Pas de blouse. Pas de stéthoscope. Pas de tensiomètre. Ils empruntaient les outils de travail de maman ! Ils n’ont apporté avec eux que quelques médicaments. Presque rien. Comme les professeurs de Gandwa, ils ont fait acte de présence.

Nous sommes arrivées à 10h sur les lieux de la clinique mobile. L’école du village a été pour l’occasion transformée en centre éphémère de consultations. Au départ, seuls des hommes attendaient sur la petite place. Ils nous ont curieusement regardées déballer les médicaments que nous avions apportés avec nous et organiser notre installation.

Alors que nous terminions de planter notre décor de fortune, le ministre de la santé du RAJASTHAN est arrivé. Il nous a saluées, s’est prêté à la rituelle séance photos, a installé le personnel médical qui l’accompagnait et est allé dans la cour de l’école converser avec les hommes du village.

La clinique mobile était divisée en deux salles de consultation. L’une où la plupart d’entre nous nous trouvions, ainsi que les membres féminins du staff gouvernemental. Cette salle était réservée aux consultations des femmes et enfants. L’autre, où se trouvaient Roselyne et les membres masculins du staff gouvernemental. Cette salle était réservée aux patients hommes.

Puis, petit à petit, les femmes sont arrivées. Sans doutes autorisées par leurs maris, elles se sont présentées de plus en plus nombreuses à la porte de la salle de consultation.

Comme un essaim d’abeilles qui grossirait par instants, la salle de consultation à laquelle il était difficile de limiter l’accès, se remplissait puis se vidait régulièrement.

Pendant les quatre heures qu’a duré cette clinique mobile, de 10h à 14h30, le brouhaha a été incessant. Les patientes et leurs enfants se sont succédé. La plupart des enfants atteints de bronchites et autres bronchiolites, otites et infections cutanées. La plupart des femmes fortement anémiées et très carencées.

Les questions qui leur ont été posées pour comprendre les raisons de ces carences ont permis de mettre à jour une alimentation féminine gravement carencée : les femmes du village que nous avons visité ce matin semblent ne se nourrir que de chappattis (galettes faites à partir de farine de blé) et boivent du Tchaï (thé au lait) toute la journée. Alors que les animaux présents dans les villages (chèvres et moutons) ne sont vraisemblablement pas tués pour être mangés. Les femmes ne mangent pas non plus de dahl (lentilles), ni de riz. Encore moins de légumes et de fruits qui existent pourtant ici.

Nous avons pu tirer trois enseignements de cette première expérience de clinique mobile :



  1. Nous avons manqué d’organisation. Il eut fallu mettre en place un ordre de passage et limiter les entrées possibles dans la salle de consultation pour juguler la foule. 


  2. L’éducation est une priorité : éducation alimentaire, éducation sanitaire. Education alimentaire pour que les villageois apprennent à se nourrir utilement. Qu’ils cessent de manger des aliments sans valeur nutritionnelle quand les cultures qui les entourent leur permettraient de ne pas être autant carencés. Education sanitaire qui éviterait nombre d’infections. Le lavage des mains est une base qui n’existe pas et que les villageois ne supposent même pas.


  3. Ces cliniques mobiles ne peuvent se suffire à elles mêmes. Elles sont un préalable nécessaire à la mise en place d’un dispensaire permanent qui permettra aux habitants de se faire soigner régulièrement et de ne plus être soumis à la bonne volonté des médecins gouvernementaux. Pour cela, il faudra faire entendre au gouvernement local qu’un réel besoin sanitaire existe au sein de ces villages et qu’il serait opportun, à terme, de créer un dispensaire dans lequel se relaieraient généralistes et spécialistes, selon les besoins qui auront été déterminés à l’issue des cliniques mobiles.